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Lors de sa dernière réunion, le Conseil de Gestion du programme Avenir des Peuples des Forêts Tropicales (APFT) a décidé de dédoubler le Newsletter.

Dorénavant, une version plus grand public sera réalisée parallèlement à quelques pages destinées à la communication au sein du réseau APFT.

Cette version interne paraîtra à intervalles plus réguliers, le prochain numéro vers janvier ou février 1997.

EDITORIAL: PAS DE SCIENCE SANS PATIENCE


Le programme APFT est maintenant bien lancé.

Une dizaine de Sites Intensifs Pluridisciplinaires (les déjà fameux SIP) ont été définis et les enquêtes s'y déroulent normalement. Menées par différents spécialistes tant juniors (qui y effectuent un séjour de longue durée) que seniors (qui y viennent en appui), ces enquêtes visent à fournir une information assez diversifiée pour poser un diagnostic et proposer des modèles généraux.

L'approche comparative que nous privilégions présente un double défi : avoir une base suffisamment large pour permettre des généralisations et suffisamment précise pour permettre des propositions pratiques.

Nous avions au départ fait le pari d'une large ouverture afin de bénéficier au maximum de la diversité des problématiques et de la créativité de chacun. Insensi-blement, il s'agira maintenant de resserrer nos activités afin de répondre aux questions spécifiques que ceux qui ont en charge l'élaboration de stratégies de développement durable et harmonieux se posent.

Comme le prévoient nos termes de référence, le but final est de proposer des modèles mieux adaptés à ces objectifs. C'est ce que tente de synthétiser le tableau suivant:

Les enquêtes étant seulement dans leur phase initiale, il nous est difficile de dire d'ores et déjà ce qu'il faut faire. La première étape sera sans doute de mettre en évidence ce qu'il ne faut PAS faire.

Parallèlement, une emphase crois-sante sera mise sur la recherche/action afin de tester du point de vue socio-anthropologique certaines démarches comme la gestion participative, l'éco-tourisme ou les relations villes-forêts.

L'année qui vient sera celle où nous commencerons à engranger les premiers résultats des travaux en cours.

D'ici là, il faudra se montrer patients, comme l'agriculteur qui regarde pousser sa récolte ou le chasseur qui guette le gibier.

Que l'an qui vient vous soit donc fructueux à tous.

Pierre de MARET.

APFT IN PAPUA NEW GUINEA

Activities in Papua New Guinea concentrate on two major geographical areas of the mainland with different population groups:
  1. Along the Central Cordillera in high- and mid-altitude and towards the southern escarpment (roughly between 500 and 2000 m ASL)
  2. A narrow strip of coast along the North Coast with a coastal range (Oenanke Range) and the adjacent swampy Pual river basin at low altitudes (roughly from sea level to 300 m ASL).
Activities in the mid-and high-altitude areas of the Central Cordillera include several sites

In 1996 two population groups are subject to broad and comprehensive ethnoecological investigations by three APFT junior researchers attached to CREDO (Centre de Recherche et de Documentation sur l’Oceanie), the Kasua of the Southern Highlands Province and the Oksapmin of Sandaun Province. Anthropological research for both groups is conducted by Florence Brunois and Lorenzo Brutti respectively. The botanist Manuel Boissiere will visit both field locations and focus on forest classification and forest succession. With the remote Kasua people the documentation of traditional land- and forest use techniques is still possible. However, plans to set up petroleum drilling in the area are imminent and will irrevocably change Kasua lifestyle. The economy and the traditional lifestyle of Oksapmin people has already been strongly affected by the setting up of the artificial mining town of Tabubil (Ok Tedi).
Another junior researcher, David Ellis from the University of Kent, will in December commence fieldwork in the Crater Mountain Wildlife Management and Conservation Area with Pawaian people in the border area between the Simbu-, Eastern Highlands- and Gulf Provinces. He will focus on indigenous relations with land and forest and local perceptions of the environment with particular respect to conservation issues. David will work in conjunction with research initiatives of the Research and Conservation Foundation of Papua New Guinea (RCF-PNG) with the aim to provide the anthropological basis to the implement-ation of the wildlife management and conservation area.

Activities in a low altitude area of the North Coast focus on the Kilimeri Census Division and Vanimo township of Sandaun (West Sepik) Province near the Indonesian border

This area lies within the Vanimo Timber Rights Purchase Area (TRP), which was defined as early as the mid sixties. The land of several of the villages has been logged, another part is now being logged and others are due for logging in the next years. Thus, the impact of logging on the local cultures and on the natural environment constitutes a major research theme. In June a team of EU senior and ACP senior and junior researchers carried out a pretest and surveys in one selected village, Krisa village. These activities will form the basis for further detailed studies and include:

APFT maintains close collaborative links with the National Research Institute (NRI) of Papua New Guinea. Roger Kara, a national research officer, who is directed by NRI and paid by APFT, conducts field research at localities in PNG where APFT senior and junior researchers are active, complement their work and assist them, as well as follow own research interests, which include questions of logging impact. His first field spell (July-September 96) was conducted in Sandaun Province and included surveys of

Christin KOCHER-SCHMID


RECENT BIBLIOGRAPHY


UN PROJET DE PARC NATUREL EN GUYANE FRANÇAISE :
LA FORÊT ET LES AMERINDIENS

Depuis la fin des années 70, les projets de protection de la nature se sont multipliés en Guyane Française. Certains concernaient des régions aujourd’hui inhabitées par les populations autochtones, mais la plupart d’entre eux englobaient les Amérindiens de la côte ou ceux de l’intérieur. Dès 1979, les dangers potentiels pour les Amérindiens d’une politique de protection de l’environnement étaient soulignés (Grenand P. & F., 1979 : 360-382).

En 1992, lors du Sommet mondial de l’Environnement à Rio de Janeiro, la France annonça le projet de création d’un Parc de la Forêt Tropicale Guyanaise, qui couvrirait le tiers méridional du pays. Elle promettait aussi une politique de gestion exemplaire en matière d’environnement tropical. Peu de temps après fut créé un Comité de Pilotage chargé entre autres tâches, de définir un zonage du parc ainsi que les activités qui s’y dérouleraient.

Ce Comité de Pilotage est composé de trois groupes : des représentants de l’Administration française, des scienti-fiques, des élus de Guyane française. Ce dernier groupe était originellement composé d’élus et “assimilés élus”, en l’occurrence un représentant de la Fédération des Organisations des Amérindiens de Guyane (FOAG) et des représentants des associations culturelles des différents groupes de Noirs Marrons. Cette participation des autochtones fut contestée par les élus créoles et après négociation avec l’autorité préfectorale, il fut admis que si les associations et autres autochtones compétents ne participaient pas aux séances plénières du Comité de Pilotage, ils interviendraient en revanche dans les groupes de travail.

Après plus d’un an et demi d’activité, le Comité de Pilotage proposa le zonage suivant :

*****

Fin 1994, une plaquette fut diffusée par la Direction Régionale à l’Environnement. Elle brosse du projet de parc un portrait lénifiant, ne laissant rien paraître des âpres débats et marchandages qui se déroulèrent en 1993 et 1994 au sein du Comité de Pilotage. Pourtant, lors des débats la voix des élus, des naturalistes et du lobby minier (professionnels, Bureau de Recherche Géologique et Minière, Direction des Mines et de l’Industrie) ont pesé très lourd alors que la place des communautés n’était défendue que par deux personnes présentes en qualité d’élus et non d’autochtones et le présent auteur.

Le document contient des phrases alarmantes, par exemple celles concernant les zones dont la pénétration est encore actuellement soumise à autorisation préfectorale :

“Dans la mesure où les populations concernées le souhaiteraient, il serait possible de définir localement (en concertation avec les autorités municipales et coutumières), pour chacune des zones de vie, une réglementation particulière, plus souple et plus évolutive, permettant de maîtriser et de contrôler la fréquentation extérieure en définissant des zones d’accès interdit (des villages, des lieux de culte ou d’autres parties du territoire) et des zones d’accès réglementé (avec une réglementation particulière, des circuits imposés, un guide obligatoire, des quotas de visiteurs, etc...), afin que la découverte du milieu naturel environnant soit possible sans apporter de gêne aux habitants.”

Sous une forme très conciliante, il s’agit en vérité de propositions profondément dangereuses pour les autochtones. On aura noté tout d’abord que les populations, arrivant en ordre dispersé, seront traitées au cas par cas. Ces propositions visent à mettre fin à une politique unie et cohérente à leur égard. Ajoutons que nous serons alors en contradiction avec le décret sur les terres de 1987 établissant des aires de parcours pour ces mêmes populations. Ces terres ont déjà été attribuées aux communautés wayãpi du haut Oyapock et retardées pour les communautés de la région de Camopi et celles du haut Maroni. C’est en particulier sur une partie de l’aire de parcours des communautés émerillon et wayãpi de Camopi qu’à été délimitée une zone de vie avec possibilité d’activité minière, concession évidente au lobby minier. Même si le document demande “que des procédures de contrôle et de suivi soient mises en place”, il convient de souligner qu’il existe déjà une réglementation minière et que depuis six ans elle n’est pas respectée dans la région concernée. Pour s’en convaincre il suffit d’observer d’avion l’état pitoyable des cours d’eau où travaillent les orpailleurs.

Enfin et surtout, l’extrait cité ci-dessus, même s’il réaffirme les droits des populations, masque très mal que l’objectif essentiel du Parc est le développement du tourisme de nature ou écotourisme. Il n’est d’ailleurs plus permis d’en douter lorsqu’on lit plus loin que “les villages de Maripasoula, Saül et Camopi deviendraient alors les “Portes du Parc”, c’est à dire les lieux privilégiés d’accueil des visiteurs”. Ainsi, aux risques concernant les droits territoriaux, s’ajoutera pour les communautés du sud de la Guyane, la menace touristique. A cet égard, les visites sur le terrain du Comité de Pilotage ont permis de constater la défiance, voire l’absolu refus, d’une bonne partie de la population (les Créoles de Saül exceptés) à l’égard du projet. Nulle trace n’en paraît dans la plaquette publiée.

Quelle est la teneur de cette défiance ?

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Tout ce qui vient d’être dit rend compte d’une évolution sur trois années. En 1995, notre programme APFT a précisément choisi la Guyane Française parce qu’elle semblait un cas exemplaire, où les ingrédients du développement, de la protection de l’environnement et de l’avenir des populations forestières formaient un cadre d’étude pertinent.

Par ailleurs, ce cadre d’étude s’inscrit parfaitement dans l’actualité, puisque le Ministère français de l’Environnement, prenant conscience des enjeux et des blocages, souhaite plus que jamais une intervention des sciences humaines, privilégiant ainsi les intérêts des populations habitant le futur parc. Est ainsi bien mis en relief le fait qu’il ne peut y avoir de valorisation de la biodiversité sans un équilibre avec les populations humaines qui en participent.

Les décrets d’établissement du parc sont présentement ajournés; il appartient aux scientifiques et en particulier à notre programme APFT de tout faire pour que ce futur parc soit une réussite exemplaire.

Pierre GRENAND.


REFENCES BIBLIOGRAPHIQUES CITEES

Grenand, P. & Grenand, F.
1979. “Les Amérindiens de Guyane Française aujourd’hui : éléments de compréhension”, Journal de la Société des Américanistes, 66 : 360-382, Paris.
Deviers, D. & Raynaud, S.
1994. Premières propositions pour un projet de Parc de la Forêt Tropicale Guyanaise, Préfecture de la Guyane-DIREN, 10 p., Cayenne.
Ouhoud-Renoux, F.
1995. Etude sur les productions de la chasse, de la pêche et de la cueillette chez les Wayãpi du haut Oyapock en Guyane Française, rapport rédigé à la demande de la DIREN, Centre ORSTOM, 26 p., Cayenne.


FOREST-CITY RELATIONS

Thanks to ongoing research being undertaken by Network members in Kinshasa, Libreville and Yaoundé, combined with Coordination efforts in Brussels, a clearer picture of how the Forest-City Relations dimension can contribute to the broader objectives of APFT is beginning to emerge. The following "Concept Paper for Research and Actions" provides an overview of how this aspect of APFT is evolving.

The problem

Why focus on the urban factor? The future of tropical forest areas in Central Africa depends largely on how they are exploited by urban masses and how they are managed by city-based elites. Urban-related problems and their influences on tropical forests is a very important but widely neglected topic. Integrating the urban factor in tropical forest conservation and development projects is crucial because:

Consequently, as human activity relating to urban expansion disturbs the delicate balance between populations and nature, many elements of Central Africa's rich biodiversity are likely to disappear before locally appropriate solutions are found. Meanwhile, living conditions will continue to decline. It will be a major challenge to reverse these trends.

Combined with these quantifiable factors is a somewhat more ambiguous consideration: when official socio-economic data is analysed, conclusions tend to indicate that urban populations are unable to sustain themselves: earnings are not sufficient to buy food or fuel or pay for lodgings and transportation and service costs exceed cash availability. Nonetheless, not only do urban populations survive and maintain spending habits, but their numbers continue to increase considerably. This implies that there are real or perceived economic opportunities in cities. It is likely that some economic opportunities do in fact exist through the somewhat mysterious mechanisms of "informal" or "parallel" economy and that forest products play a major role here.

Objectives

Initial Phase

Subsequent Phase
Formulate action-oriented recommendations as to how African city dwellers themselves, in the framework of regional, national and international development programmes, can help improve living conditions in urban areas while diminishing unsustainable use of tropical forest resources. These recommend-ation must be pragmatic and should build on existing or potential opportunities for sustainable development.

Topic originality

While numerous studies and programmes have devoted considerable research attention to the international priorities of development, maintenance of biodiversity and Third World urbanisation - and some have analysed combinations of two of these issues - no work to date has attempted to look at all three problems in a single theoretical paradigm. The forest-city interface component of APFT takes these three factors into account and thus has the potential to make viable action-oriented recommendations based on holistic analysis.


Ongoing actions

Before being able to formulate concrete and meaningful policy recommendations concerning the challenge of development with conservation, more knowledge is needed about how and why city dwellers use and perceive the forest. Investigations have consequently started in Kinshasa, Libreville and Yaoundé. From a scientific angle, choice of these cities was based on a series of comparative and contrasting variables: origin, demographics, nature and intensity of urbanisation process, level of development and state of infrastructure, proximity to forest, social and political situation. From an organisational angle the choice of these cities was based on the existence of institutional partners and the presence of other APFT or APFT-related activities.

Studies focus on fuelwood (Kinshasa and Yaoundé), perceptions (Kinshasa and Yaoundé), rattan (Yaoundé) and an analysis of economic relations between Libreville and the Estuary Province.

While many other studies have been undertaken on forest products, those undertaken by APFT contribute to understanding specific local problems by emphasising socio-economic needs on the one hand and socio-environmental impacts on the other and by placing this within a comparative context. They also address the need for still greater monitoring of information required for appropriate decision-making. The perception studies are original and vital for policy development if urban attitudes and behaviour patterns in relation to the forest environment are to be modified. Very little is known about how city dwellers perceive the forest which is prerequisite to being able to suggest awareness solutions which are very different in an African context than in a Western one. All of these studies contribute to local capacity-building.

These studies, combined with an analysis of work in the areas of urbanisation, urban social and economic organisation, development issues, environmental protection, extraction and commercialisation of NTPFs, etc., tend to indicate that while there is a strong cultural attachment to forest products, recourse to their use is best explained by economic determinism.

The problem of resource depletion and peri-urban deforestation is also considered within the much broader context of regional economic development which is increasingly hampered as the African continent continues to be marginalised in the new world order. Transnational corporations and international trade and financial institutions increasingly influence development policy without manifesting sufficient moral and political will to constructively help African institutions and NGOs.

As data is being gathered, a specific forest-city data base is being constituted. Documents on forest products (game, fuelwood, other NTFPs), African urban issues (urbanisation, "crisis", sustainability, origins, demographic shifts) and perceptions are accumulated at the Coordination Unit and entered into the general APFT bibliography with the label "ville-forêt". References of works not available in our documentation centre are also listed.


Actions for 1997

Research
In addition to continued support for ongoing SAC/JAC projects which is justifiable from a scientific as well as a capacity-building point of view, two new dimensions will be analysed in a first phase and eventually explored by local researchers.

The first is to develop forest-city interface activities in intermediary cities. This is important because it will help clarify the long and complex flow of exchange between "productive" forest areas and "predatory" megapoles. It is also a means of analysing on a manageable scale the threshold between sustainable resource use and excessive extraction in the context of land carrying capacity issues, i.e., what are the conditions whereby human settlements begin to exert unsustainable pressures on different types of forest lands and resources. Intermediary cities, moreover, can be considered as alternatives to the more wasteful, less manageable larger cities. They can contribute to feeding these latter and are probably less detrimental to the environmental resource base as they are closer to traditional land and resource use practices.

Research proposals have been elaborated in these contexts for:

The second major theme which needs to be addressed pertains to the development of "urban type settlements" due to commercial logging concessions. Studying the sudden and sometimes ephemeral appearance of these boomtowns can provide interesting information on rapid shifts between "rural" and "urban" behaviours; land use and ownership issues; settlement processes; monitarisation; consumption patterns; transportation of bushmeat by lumber lorries and its commercialisation; other forms of ecological disturbances; etc. In Cameroon, some such sawmill towns which could be studied are to be found near Yokadouma, Bela and Molundu.

A JUE researcher (H. Solly) intends to develop a dimension relating to forest-city relations. In the context of social mobility it has been observed that there is a large "floating population" which is apparently neither city-based nor village-based. The question to be addressed pertains to how these individuals perceive both environments and what their specific activities are when in town or village.

Website
A Forest-City section on the APFT website is being planned. It could include:

Theodore TREFON


VERS UNE GESTION DES RESSOURCES NATURELLES
PAR LES COMMUNAUTES VILLAGEOISES
DANS LA FORET DE l'AFRIQUE CENTRALE
(DJA / SUD-EST CAMEROUN)

Le Dja

Les forêts denses humides du bassin hydrographique de la rivière Dja couvrent une superficie d’environ 30.000 km2 dans le Sud-est du Cameroun. Le climat y est chaud et pluvieux. La forêt est une mosaïque complexe constituée de forêt climacique (de terre ferme et sur sol hydromorphe), chablis en différents stades de régénération, forêt secondarisée en permanence à cause des éléphants, marécage ouverts à Cypéracées, raphiale, vieille forêt secondaire (reflétant la présence humaine antérieure), jachère et culture (le long des routes) et cacaoyère. La forêt du Dja abrite les espèces les plus remarquables de la faune forestière africaine: éléphants, gorilles de plaine, chimpanzés, buffles, panthères, pangolins géants, ...

La région est habitée par des essarteurs Bantu et des pygmées Baka. La densité de population est de l’ordre de 2 hbts/km2. Les essarteurs (Badjoué, Bulu, Nzime, Ndjem) sont installés le long des routes et pratiquent une agriculture itinérante de subsistance (plantain, manioc, arachide) et les cultures de rente (cacao, café); ils établissent en forêt des campements provisoires pour la chasse et la pêche. Les Baka vivent de la chasse en forêt et du travail dans les plantations des Bantous. Ils sont de plus en plus sédentarisés. Cette sédentarisation est, entre autres, favorisée par l’implantation des écoles. Le peuple Kaka, immigré de l’écotone forêt-savane, est installé le long du fleuve Dja et vit de la chasse et de la pêche.

Nouveaux défis de gestion forestière

Jusque récemment la forêt du Dja était, au niveau écologique, un milieu relativement peu perturbé par les activités humaines. La chasse y était limitée à la consommation villageoise. Actuellement on observe une forte augmentation de la chasse commerciale et dans certaines zones une extermination rapide de la faune. Plusieurs causes sont évoquées: la chute des prix du cacao et du café, l’ouverture de la forêt pour l’exploitation forestière et l’épuisement faunistique d’autres zones forestières.
Ainsi, à travers l’exploitation forestière en pleine croissance, les prix du cacao et du café, et la commercialisation de la viande de chasse, le Dja se trouve fortement attaché à l’économie nationale et internationale.

Face à ce processus de dégradation rapide, la population locale se trouve démunie et sans pouvoir. Elle ne retire que peu ou pas de bénéfices de l’exploitation forestière et se voit confrontée à des chasseurs allogènes qui utilisent l’infrastructure des exploitants forestiers pour pénétrer en forêt. Elle ne peut plus contrôler, ni gérer son terroir. Sans gestionnaire directement impliqué et capable d’exercer un droit d’usage et de jouissance exclusif sur un terroir ou sur une ressource forestier(e), aucune gestion durable préservant la multifonctionalité de la forêt n’est possible. Le plan de zonage a divisé le Sud-Cameroun en deux zones: domaine forestier non-permanent (entre autres forêts communautaires) et domaine forestier permanent (forêt de production; la plus grande superficie allouée). La participation des populations a été circonscrite aux nouvelles forêts communautaires en dehors de ce domaine forestier permanent (voir ci-dessous). De ce point de vue, la nouvelle loi forestière contient des grandes lacunes concernant la participation des populations locales dans la gestion du domaine forestier permanent.

APFT/FSAGx dans le Dja

Les activités d’APFT et de la Faculté des Sciences Agronomiques de Gembloux (UER de Sylviculture , Prof. W. Delvingt) dans le Dja s’inscrivent dans cette problé-matique, spécifiquement dans la périphérie nord (5000 km2) de la Réserve de Faune du Dja. Ces activités sont financées par l’Union Européenne -DG VIII (via APFT et avec un financement direct). Le projet travaille en étroite collaboration avec le Ministère de l’Environnement et des Forêts (MINEF) (principal service étatique con-cerné par les forêts) et les projets ECOFAC (UE DG VIII) et UICN (Pays Bas). Ces derniers projets sont chargés de l’aména-gement de la Réserve de Faune du Dja.

APFT/FSAGx: l’aspect forêts com-munautaires

Comment gérer les ressources forestières? Par et pour les populations locales. Les communautés villageoises sont les bénéficiaires directs de la gestion durable de leurs forêts; il est donc normal qu’elles en soient les principaux acteurs. Or, jusqu’en 1994, l’Etat se réservait le privilège des bénéfices du commerce du bois. Depuis cette année, la nouvelle loi forestière du Cameroun a introduit la notion de ‘convention de gestion communautaire’, contrat signé entre une communauté villageoise et l’administration des Eaux et Forêts, qui confie à la communauté la gestion d’une portion de forêt d’au maximum 5000 ha. Les populations deviennent elles-mêmes responsables de toutes les étapes de la gestion: élaboration, travaux, bénéfices. C’est la gestion communautaire.

L’objectif du projet est de mettre en pratique ce processus de gestion communautaire: d’une part mettre en lumière les potentialités et les lacunes du schéma théorique et d’autre part apporter à des communautés pilotes le soutien nécessaire pour obtenir la convention de gestion et pour faire le meilleur usage de leur nouveau droit.

L'idée est de mettre en place un processus simple et autonome, qui puisse se généraliser au-delà des quelques communautés pilotes qui seront soutenues dans les premières années.

Le projet est mis en oeuvre par une équipe de chercheurs européens et camerounais, ce qui concrétise la participation nationale à chaque niveau du projet. Leur premier travail est d’identifier des villages qui manifestent la volonté de s’engager dans ce processus pilote. Ensuite vient l’élaboration, en collaboration avec les villages concernés, du plan simple de gestion qui comprend entre autres les phases suivantes:

La communauté villageoise doit être structurée en un comité de gestion efficace dont la création devrait s’inspirer des structures traditionnelles. En effet, l’exploitation des forêts communautaires nécessite un nouveau mode d’organisation efficace, ce qui n’est pas évident dans ces sociétés acéphales. Réaliser une telle organisation liée à une réelle rentabilité économique et l’usage durable: voilà les principaux défis pour les forêts communautaires!

APFT/FSAGx: l’aspect conservation

Les problèmes imminents de conservation seront affrontés en collaboration avec les communautés villageoises, le MINEF, les projets ECOFAC et UICN, et l’exploitant forestier sur place.

En conclusion les activités d’APFT/FSAGx concernent l’aménagement d’une large zone tampon pour la Réserve de Faune du Dja et la conservation des ressources faunistiques en dehors des aires strictement protégées. Ceci à travers une gestion intégrée et globale impliquant tous les utilisateurs de toutes les ressources dans une aire donnée.

Pauwel DE WACHTER

Renseignements
Equipe forêts communautaires
Unité de Sylviculture
Faculté Universitaire des Sciences
Agronomiques de Gembloux Belgique
Tél: 32.81.62.23.01 - Fax: 32.81.62.23.21
Email: sylviculture@fsagx.ac.be

APFT au ZAIRE


Grâce au dynamisme du Professeur Lapika Dimomfu, une base APFT a été installée à la Faculté des Sciences Sociales de l'Université de Kinshasa. Malgré les grandes difficultés que traverse cette institution, cette base joue déjà un rôle de coordination attirant des chercheurs et fonctionnaires de différentes institutions :
M. Kiyulu N'Yanga-Nzo (Unikin) travaillant sur la perception de la forêt par les citadins à Kinshasa; le Prof. Miti Tseta (géographe) et M. Kibala Lemende (phytotechnicien) étudiant la consommation du bois de chauffe er du charbon de bois.
Vu les problèmes qui règnent actuellement au Zaïre, l'activité se concentre donc sur les aspects ville/forêt.

Une autre base APFT était en cours d'installation à Bukavu. Malheureusement depuis les événements dramatiques qui secouent cette partie du monde, nous sommes sans nouvelles de Nzabandora Ndi Mubanzi qui poursuivait une enquête sur l'histoire des relations entre populations locales et le Parc National des Virunga et de Kusamba Chifundera qui travaillait sur la situation des Pygmées en bordure du Parc National de Kahuzi Biega.
Daniel Arnoldussen qui collaborait avec ce dernier a pu évacuer Bukavu au dernier moment et est revenu sain et sauf à Bruxelles.
Nous n'avons plus non plus d'informations sur le sort de l'équipe d'enquêteurs qui recueillait les données nécessaires au travail entamé par Michel Romainville à propos du fonctionnement des tontines et mutuelles à Bukavu dans le cadre d'une étude plus générale sur l'économie informelle pour le volet Villes/Forêts. Espérons qu'il ne leur est rien arrivé de grave.

Pierre de MARET


Dans le prochain, vous trouverez des extraits du 4e Rapport semestriel à la Commission, des informations sur le travail de nos jeunes chercheurs sur le terrain, etc.

In next , you will find extracts of the IV Report to the Commission, news about our young researchers' fieldwork, and so on.



Updated Dienstag, 10. Dezember 1996