| Aurélie Binot | Continent: Africa |
| décembre 1996 | Pays/Land: Congo Brazzaville |
| Region: Parc d'Odzala | |
| Titre du projet: | |
| Terroir et territoire: une approche anthropologique de l'espace agricole chez les Mongom, Mboko, Kota et Bakoula de Mbanza (Parc National d'Odzala) | |
Cette mission pour le programme A.P.F.T., inscrite dans le cadre d'un mémoire de licence en anthropologie culturelle(*), s'est déroulée du 4/2/96 au 7/4/96 (soit deux mois, entre le milieu de la petite saison sèche et le tout début de la petite saison des pluies). Nos recherches ont eu pour cadre le village de Mbandza, en bordure du parc national d'Odzala (district de Mbomo, république congolaise) . Cette aire protégée est gérée par le programme ECOFAC en collaboration avec les autorités locales
Les objectifs que nous nous étions fixés dans cette étude de cas étaient les suivants :
-l'étude du découpage de l'espace agricole et de la
répartition des terres selon l'identité ethnique et
individuelle.
Comment a évolué la perception du droit coutumier foncier
relatif au terroir de Mbandza
- quels ont été les mécanismes spontanés de prise de possession de l'espace agricole et villageois au moment du remembrement?
-comment se définissent les rapports sociaux (au niveau inter-ethnique et interindividuel) autour du domaine agricole?
Dans quelle mesure l'espace agricole est-il :
.le théâtre de l'expression des relations qui unissent les individus ?
.un moyen d'affirmer les affinités, les dissensions, la cohésion des liens familiaux ?
.une affirmation de la puissance d'un groupe ethnique, d'une unité familiale ou d'un individu ?
-mise en évidence de la fonction sociale des plantes
cultivées par le choix que fait l'agriculteur au niveau des
espèces plantées, des techniques utilisées et de
l'utilisation (alimentaire, rituelle, pharmacologique,...) des produits des
champs.
Le choix d'une technique et celui des produit plantés aux champs
sont-ils conditionnés par l'appartenance ethnique ? Dans quelle
mesure les plantes cultivées (s'opposant aux produits sauvages de la
forêt) sont-ils utilisés dans les rituels ? Les
activités forestières telles que la chasse ou la cueillette
s'inscrivent souvent dans un cadre rituel, qu'en est-il des
activités humaines liées à l'espace agricole ?
(*) Terroirs et territoires : un regard anthropologique sur l'espace agricole chez les Mboko, Kota, Mongom et baKola de Mbandza
directeur : M. P. de Maret
assesseurs : Mme D.V. Joiris et M. Lejoly
Dix ménages ont été choisis au sein de la population villageoise. Cet échantillon comporte des habitants des différents quartiers que compte ce gros village forestier (518 hab en 1995) et est diversifié du point de vue de l'identité ethnique, de la position sociale au sein de la communauté , d'un éventuel rôle politique et de la composition du ménage.
La méthodologie adoptée a été la suivante auprès des 10 ménages :
a) entretien avec les chefs de ménage concernant
- leur village d'origine et leur installation sur le site de Mbandza [ce
village "artificiel" est le fruit d'un remembrement de différents
hameaux enfoncés en forêt, ordonné par les
autorités congolaises (communistes à l'époque) au début
des années 70' dans le but de protéger l'aire du PNO et
d'amener les gens à travailler en coopératives agricoles]
- les modalités de la distribution des terres arables [à savoir les arrangements qui se sont faits entre les habitants originaires de Mbandza et ceux qui sont arrivés sur ce terroir pour respecter l'ordre de remembrement]
- l'organisation du travail aux champs et la collaboration éventuelle entre ménages. [y compris l'"aide" des pygmées Bakola, ce qui nous a permis de nous concentrer sur la nature des relations pygmées/grands bantous autour du travail agricole ]
b) mesures de la superficie des champs, repérage de ces champs sur carte et inventaire des différentes cultures. Comparaison entre le découpage du village en différents quartiers et l'emplacement des zones de culture par rapport au village.
c) Liste des cultivars des principales cultures aux champs ( et dans une moindre mesure du contenu des jardins de case) et de leur destination (alimentaire, rituelle, médicale, "fétichiste") le tout en langue vernaculaire. Répertoire de l'utilisation rituelle et/ou pharmacologique des plantes cultivées, des cultivars impliqués et des rituels accompagnant le commencement du travail agricole.
Une collection rudimentaire de certains échantillons fertiles a été constituée dans l'espoir de pouvoir confronter les clés de détermination de la systématique botanique classique et de la systématique locale au niveau des cultivars et des espèces. A ce stade, cette comparaison s'est révélée irréalisable.
d) confrontation des différentes listes afin de constituer un inventaire dans les 3 langues (Mboko, Kota, Mongom et baKola) des principales plantes domestiques et cultivées.
Signalons que ces données de terrain ne constituent qu'un "instantané" des activités agricoles de fin de petite saison sèche , loin d' une analyse du cycle agricole complet qui, faute d'observations directes, eût été peu rigoureuse.