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F - CHASSE ET PêCHE


1) LES RAVAGEURS DES CHAMPS

Les champs sont régulièrement dévastés par les porcs sauvages(Sus barbatus), les cerfs (Cervus unicolor), les singes (Macaca fascicularis, Presbytis). Certains agriculteurs enclosent les parcelles, en ménageant des pièges tout autour. La construction de ces barrières demandent souvent la collaboration de toute la communauté. Quoiqu'il en soit, barrière ou non, la plus grande partie des chasses s'effectue pendant la garde des champs, pour les protéger, car les prédateurs sont aussi des gibiers extrêmement valorisés. Ainsi le champ fait aussi office d'appât. Chez les Kantu', environ 62 % du nombre total d'animaux tués par an (46 % du poids total) le sont dans ou autour des champs [DOVE 1981 : 501].

2) LA CHASSE

La chasse est partout une activité très valorisée, sujet de fréquentes conversations. En dehors des champs, les animaux sont recherchés près des arbres fruitiers où ils se nourrissent, en premier lieu les sangliers. D'ailleurs la fructification des arbres (tels les illipe Shorea spp.) coïncide avec de grandes migrations des hardes de sangliers. On chasse aussi plus souvent pendant les périodes où l'on réside dans les maisons des champs, que depuis la maison communautaire. Cependant la plupart des hommes Kenyah par exemple chassent en moyenne une fois par semaine. Même s'il reste encore des sarbacanes, on chasse beaucoup plus de nos jours à la sagaie, au fusil, avec des chiens, et avec des pièges.

Tous les mammifères et oiseaux sont considérés comme comestibles, et tués lorsque l'occasion se présente, ainsi que beaucoup de reptiles (Varanus spp., Python reticulatus) et d'amphibiens (Rana spp.).

Des relevés de chasse effectués pendant 5 mois dans une maison-longue Kenyah de 16 foyers, (26 hommes et 10 fusils), donnent les résultats suivants : 32 porcs, 17 porcelets, 14 cerfs de 3 espèces différentes (Cervus unicolor, Muntiacus muntjak, Tragulus javanicus), 5 varans, 4 singes, 6 écureuils, et 11 divers petits animaux (pangolin, porc-épic, calao...) [CHIN 1985 : 103-104].

Droits de chasse

Tout membre de la communauté a le droit de chasser dans les jachères des autres. En général, ce droit s'accompagne du devoir de partage avec l'ensemble de la communauté, du gibier tué sur le territoire de la maison-longue.

3) LA PêCHE

Bien que la chasse soit très prisée, c'est la pêche qui est l'activité d'approvisionnement majeur pour les protéines. Les hommes ne chassent qu'épisodiquement, mais ils pêchent presque tous les jours. Chez les Kayan, les poissons sont ainsi présents dans au moins deux des trois repas quotidiens [ROUSSEAU 1977 : 150]. Une douzaine de techniques sont utilisées (nasses, filets divers, hameçons, harpon, sagaie et poison). Avec les harpons, on tue aussi varans et tortues.

Périodiquement, de grandes pêches cérémonielles rassemblent les communautés; on utilise alors du poison (Derris elliptica).


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