D'immenses zones d'ombre demeurent :
Les données de base sur l'écologie, l'économie, l'alimentation et les conditions démographiques et sanitaires de la majorité des populations indigènes forestières manquent totalement.
* Les études de cas sont encore trop peu nombreuses pour
pouvoir fournir des conclusions fermes et définitives ;
* Il n'existe pas de documentation permettant de comparer l'adaptation des
populations aux milieux forestiers tropicaux, en particulier pour
dégager des tendances évolutives de changement.
Toutes les recherches doivent être menées d'une manière pluridisciplinaire.
[en dépit des recommandations constantes, celles-ci restent peu développées]
Il faut programmer d'urgence :
* des études de longue durée
écologiques, économiques et des études portant sur
l'anthropologie alimentaire des groupes traditionnels
ces études doivent être à la fois qualitatives et quantitatives, elles sont nécessaires pour comprendre le degré de dépendance vis à vis du milieu forestier et pour défirnir l'adapatibilité des communautés humaines
* des études détaillées, techniques et
écologiques, des groupes en voie de changement
[pouvant servir d'exemple]
* des études ethnoscientifiques des savoirs traditionnels, des
inventaires des ressources utilisées
de telles recherches sur les savoirs concernant la flore et la faune devraient être menées d'une manière contractuelle avec les intéressés, afin de les protéger en cas d'usage industriel ultérieur
* des études systématiques des procédés
traditionnels de culture arborée et d'agroforesterie et d'enrichissement
des jachères
en vue de l'amélioration des systèmes de culture et du transfert de ces techniques dans d'autres régions
* des études écologiques sur la dynamique de la
régénération forestière après culture, et
sur la dynamique des populations sauvages utilisées par l'homme,
animales et végétales
* des études sur les systèmes traditionnels de partage,
d'entraide et les mécanismes sociaux de réduction des risques
* des études économiques sur les réseaux locaux de
commerce et d'échange
- à l'intérieur des communautés
- en direction des zones urbaines.
Il serait souhaitable d'organiser un réseau international de localités d'enquêtes : un choix de sites dispersés sur les divers continents possédant des populations forestières traditionnelles, où l'on mènerait des recherches pluridisciplinaires coordonnées, avec des protocoles similaires, sur l'écologie des activités traditionnelles forestières et leur impact sur l'écosystème.
Le choix des sites devrait être programmé par une ou plusieurs équipes pluridisciplinaires ; les recherches devraient y être menées à long terme, en impliquant des chercheurs issus des organismes nationaux (universités, musées nationaux et services forestiers et agricoles). Ces sites auraient à la fois une fonction de recherche et de formation à la recherche pour les partenaires, et d'expérimentation de techniques agro-écologiques alternatives.