La région ici envisagée coiffe les basses terres tropicales humides d'Amérique du Sud couvrant la totalité des bassins de l'Amazone, de l'Orénoque et du drainage atlantique des trois Guyanes (cf. carte 1). Au sud et à l'est, la lisière choisie déborde sensiblement celle du drainage méridional de l'Amazone pour suivre celle adoptée par les géographes brésiliens pour l'<<Amazonie Légale>>. Ce choix d'une limite administrative est justifié par sa coïncidence avec celle des populations culturellement amazoniennes. Les autres aires forestières tropicales du continent sud-américain n'ont pas été envisagées car, en dehors des régions du Choco/Darien et de la Sierra Perija (Colombie et Panama), il n'y a plus guère de pertinence entre forêt tropicale ombrophile et survivance de populations indigènes. Pour qualifier la zone dont il sera traité tout au long de ce rapport, sera désormais employée l'expression <<Grande Amazonie>>.
La région étudiée est couverte massivement par la forêt tropicale ombrophile de terre ferme. Toutefois, elle comporte en moindre proportion deux autres grands types de formations végétales : d'une part, celles qui sont périphériques au bassin et qui couvrent des superficies importantes telles que le cerrado brésilien ou les llanos de Colombie et du Venezuela; d'autre part, des formations incluses globalement dans la forêt tropicale ombrophile, telles que les forêts inondables, les forêts tropicales d'altitude ou les forêts édaphiques. Seront traités ici les rapports de l'homme avec son milieu et non à proprement parler la végétation, dans la mesure où ce domaine relève d'autres compétences.