Le traitement par fiche de dix ethnies dans les pages qui suivent a pour but d'illustrer de manière plus concrète toutes les données rassemblées et commentées dans les pages de ce rapport consacrées à l'Amérique.
Nous nous sommes efforcés de les choisir avec pertinence, de manière à mettre en relief le plus de critères possible, comme la taille démographique de l'ethnie, le statut de ses terres, le(s) milieu(x) dans le(s)quel(s) elle vit. Des données succinctes sur son appartenance linguistique, son système social et ses particularités culturelles les plus remarquables doivent contribuer à la situer sur l'échiquier amazonien.
Sont ensuite abordées les données d'écologie culturelle proprement dite. Nous avons particulièrement insisté sur les quatre activités, chasse, pêche, cueillette et agriculture, afin de bien faire ressortir à la fois leur complémentarité au sein de chaque ethnie, ainsi que leur poids différentiel d'ethnie à ethnie. Nous terminons par des données sur l'alimentation.
La difficulté la plus importante à surmonter n'a pas été le manque de documentation mais bien plutôt son hétérogénéité, chaque auteur ayant presque mis au point sa propre batterie de paramètres.
Les dix ethnies, ainsi que les principales sources utilisées, sont les suivantes :
* Aguaruna
sources : Berlin B. & Berlin E. A. (1983); Berlin E. A. & Markell (1977); Brown (1980, 1984).
* Chimane
sources : Stearman (1992); Rioja-Ballivián (1993 : réponse à notre questionnaire).
* Kayapo-Mekrangnoti
sources : Flowers, Gross, Ritter & Werner (1982); Werner (1983); Anderson & Posey (1985); Zarur (1979).
* Maku
sources : Silverwood-Cope (1980); Milton (1984).
* Nambikwara
sources : Aspelin (1976, 1979); Roquette-Pinto (1975).
* Piaroa
sources : Overing & Kaplan (1988); Eden (1980); Mansutti (1988, 1990, 1993 : réponse à notre questionnaire).
* Shipibo-Konibo
sources : Behrens (1981); Tournon (1988).
* Urubu-Ka'apor
sources : Balée (1985, 1992, 1993 : réponse à notre questionnaire).
* Wayãpi
sources : Grenand, P. (1980, 1993); Grenand, F. (1993); Grenand, F. & Haxaire (1977).
* Yanomami
sources : Chagnon (1977), Fuentes (1980); Lizot (1980, 1984, 1988, 1993 : réponse à notre questionnaire).
localisation : Pérou. Départements de Loreto, Amazonas et San Martin
milieu : forêt tropicale ombrophile de terre ferme et forêt
tropicale d'altitude
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démographie
: 25 000 personnes environ. Population en augmentation rapide.
densité : 0,9 h/km2
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famille linguistique : famille Jivaro
particularités culturelles : L'un des quatre sous-groupes Jivaro.
Les activités guerrières avec les ethnies voisines (têtes
réduites) ont disparu. Restent des vendettas entre groupes locaux et une
résistance déjà ancienne au contact. Le chamanisme est
omniprésent. La bière de manioc est un ciment social essentiel.
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système
social : Jusque vers 1960, habitat dispersé en maison collective pour famille étendue; depuis 1970, regroupement de plusieurs maisons collectives en village (120 ou 150 h. en moyenne).
Pas de chefferie fédérative. Chaque chef de maisonnée
détient le pouvoir sur elle.
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L'espace :
conception : Une opposition contemporaine assez nette s'est fait jour
entre le territoire habité et cultivé (par eux aussi bien que par
les métis) et les espaces sauvages non perturbés par l'homme.
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| statut
officiel des terres : Des terroirs sont reconnus aux communautés,
déclarés dans le cadre de la réforme agraire nationale.
Les 6 318 ha accordés à une communauté de 121 h. dans le
San Martin sont une bonne moyenne. L'invasion par des petits colons est intense.
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| surface
du pays indigène : 2 200 000 ha sont parcourus pour les
activités de subsistance.
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agriculture : Il s'agit d'une agriculture raffinée
comprenant 54 espèces différentes et de nombreux cultivars. Une
parcelle de 0,5 ha est ouverte au feu annuellement. On y fait des cultures de
subsistance (manioc doux dominant suivi de banane plantain) et des cultures de
rente. Entretien soigneux d'un verger polyspécifique.
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chasse : Elle est très importante. Elle se pratique
à la sarbacane associée aux fléchettes
empoisonnées; s'y ajoute aujourd'hui le fusil; 26 espèces de
mammifères et d'oiseaux sont couramment chassées.
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| pêche
: Pratiquée surtout aux ichtyotoxiques, elle est de même
importance quantitative que la chasse.
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| cueillette
: Très diversifiée : fruits, champignons, larves et poussins du
guacharo (oiseau cavernicole recherché pour sa concentration en graisse).
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alimentation : Elle est bien équilibrée : 60% de
manioc doux; 15% de banane plantain et autres végétaux
cultivés et semi-cultivés; 25% de produits sauvages, provenant
essentiellement de la chasse des animaux terrestres et aquatiques.
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localisation : Bolivie, département du Beni. milieu :
forêt tropicale ombrophile de terre ferme; savane inondable et
forêt galerie.
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démographie
: 4 000 personnes environ. [Les recensements divergent fortement : 4 000 (CIDEBENI, 1991); 2 000 (Ethnologue, 1987); 7 000 (Rioja-Ballivián, comm. pers., 1992)].
densité : 1,17 h/km2
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famille linguistique : Mosetene-Chimane, groupe macro-pano (+/- 70 % de monolingues)
particularités culturelles : Le chamanisme passé a
été remplacé par une forme d'ésotérisme. Des
lieux de culte en forêt sont tenus cachés. |
système
social : L'unité pertinente est la famille étendue, chacune dirigée par l'homme le plus âgé.
Elles sont établies à 100 ou 200 m les unes des autres. Cette
dispersion entraîne une grande mobilité en forêt de familles
qui se visitent sans cesse.
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L'espace
conception : L'espace est conçu au niveau des familles
étendues, et les limites en sont maintenues par respect mutuel.
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| statut
officiel des terres : La propriété commune des terres qu'ils
occupent, regroupées en des territoires indigènes, leur est
reconnue. Existe aussi une réserve de la biosphère.
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| surface
du pays indigène : 600 000 ha.
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agriculture : Agriculture itinérante sur brûlis. Une
parcelle de 1 à 1,5 ha annuels par famille, utilisée durant deux
à trois ans et laissée en jachère durant 4 à 8 ans.
Les cultures principales sont le manioc amer, la banane plantain et le riz
pluvial.
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| possession
de la terre : Propriété collective.
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chasse : Grande pratique de la chasse (grands rongeurs,
pécaris, tatous, primates et cervidés), menée
collectivement ou individuellement, le plus souvent à l'arc et à
la flèche, quelquefois au fusil.
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| pêche
: La pêche se fait à l'hameçon, aux ichtyotoxiques et, de
manière minime, au filet. Même si la chasse a un plus grand
prestige que la pêche, c'est cette dernière qui, en tonnage,
l'emporte.
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| cueillette
: Elle concerne essentiellement les fruits sauvages, en particulier ceux de
palmier. La collecte de feuilles de palmier (Geonoma deversa) pour la
vente (toiture) est importante. Depuis très longtemps, les Chimane sont
liés avec des petits patrons de l'extractivisme et avec les
commerçant itinérants locaux dans des rapports complexes de
compérage.
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| élevage
: Les Chimane ne pratiquent pas l'élevage. Pourtant, ils ont acquis
l'habitude déjà ancienne de se louer comme peons sur les ranches
d'élevage des alentours.
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alimentation : Elle est encore auto-produite, et basée sur
la réciprocité de dons. La part des produits de la forêt
peut être estimée à +/- 20 %, celle des produits
achetés dans le commerce à 10 % environ, les 70 % restant
proviennent de l'agriculture. Une autre source, non chiffrée, parle de
dominante animale dans l'alimentation (Stearman, 1992).
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localisation : Brésil État de Pará
milieu : forêt tropicale ombrophile de terre ferme
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démographie
: 564 personnes environ (plus un groupe non contacté)
densité : 0,08 h/km2
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famille linguistique : famille Gé particularités culturelles :
Les Mekrangnoti constituent deux sous-groupes de la grande
nébuleuse Kayapo. Une chefferie bien structurée, un chamanisme
circonscrit et contrôlé ainsi qu'une puissante vitalité
font des Kayapo une des nations amérindiennes les plus combatives de
l'Amazonie. |
système
social :
L'unité pertinente est le village. Les relations de
parenté sont recoupées par d'autres structures telles que les
sociétés masculines, les groupes cérémoniels et les
classes d'âge, qui sont les acteurs effectifs.
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L'espace :
conception: : L'espace, découpé en fonction de son
degré de manipulation par l'homme, est ainsi finement
conceptualisé.
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| statut
officiel des terres : 4 913 000 ha sont en zone interdite et 1 850 000 ha
sont au stade de l'identification.
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| surface
du pays indigène: C'est ici l'un des rares cas où l'aire
allouée est largement supérieure à l'aire exploitée.
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agriculture. : Chaque année, une petite parcelle d'environ
0,25 ha (les sources sont très imprécises) est ouverte au feu. On
y plante du manioc (38%), de la patate douce (27,5%), des bananes (17,5%), du
maïs (14%) et des ignames (3%).
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| possession
de la terre : Aucune propriété n'est reconnue.
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chasse : Elle est l'activité essentielle,
caractérisée par un éclatement régulier en bandes
qui a lieu autant en saison sèche qu'en saison des pluies et occupe 22%
du temps annuel. Le gros gibier et la tortue terrestre dominent.
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| pêche
: Elle est d'une importance minimale, ne représentant qu'un
vingtième de la chasse.
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| cueillette
: Elle est associée aux sorties de chasse. Le miel est avidement
recherché. Chez leurs parents Kayapo-Gorotire (Anderson & Posey,
1985), on observe un aménagement systématique des milieux ouverts
et semi-ouverts, se traduisant par un enrichissement floristique en vue de
favoriser la cueillette de plantes utiles.
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alimentation : Elle provient pour 50% des plantes
cultivées. 45% proviennent de la chasse et 5% de la cueillette de
plantes et autres produits sauvages.
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localisation : Brésil : État d'Amazonas; Colombie : États de Vaupes et Guainia.
milieu : forêt tropicale ombrophile de terre ferme et forêt
basse sur sable blanc (campina)
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démographie
: +/- 2300 personnes (non comptés les groupes isolés). Ethnie
en augmentation démographique lente.
densité : +/- de 0,1à 0,2 h/km2
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famille linguistique : langue isolée
particularité culturelles : Les Maku sont une nébuleuse de
nombreux sous-groupes mobiles, très dispersés, dont certains
encore non contactés. Ils entretiennent des relations de
vassalité avec leurs voisins Tukano, sédentaires pêcheurs,
à qui ils procurent les produits forestiers (viande fumée
surtout) et leur force de travail (agriculture et construction des maisons) en
échange de manioc, tabac, piment et produits manufacturés. |
système
social : L'unité idéalement perçue est le clan, mais
celle pertinente au niveau du fonctionnement économique est le
<<foyer>>, ou famille étendue, dirigé par un homme
âgé. Les villages, composés de plusieurs foyers (15
à 25 personnes), sont très rudimentaires. Leur degré de
cohésion est faible et leur recomposition fréquente. Ils servent
par intermittence (six mois par an), le reste du temps étant
consacré à déambuler en forêt dans des campements
provisoires.
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L'espace :
conception: La forêt est l'espace de vie par excellence; Elle
n'est marquée d'aucune force négative (elle n'abrite aucun
esprit) et les pratiques de chasse ne révèlent aucune
préoccupation magique. Un homme passe un jour sur quatre au village, les
trois autres jours en forêt : un pour chasser, deux pour la cueillette
alimentaire et artisanale, et de manière aléatoire, pour la
pêche et la chasse.
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| statut
officiel des terres : Les terres qu'ils parcourent sont incluses dans les
réserves de leurs voisins Tukano (Brésil, Colombie), dans les
forêts nationales (Brésil) ou sans garantie aucune (Brésil).
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| surface
du pays indigène : En raison de l'extrême mobilité et
de la dispersion des sous-groupes, la surface réellement parcourue pour
les activités de subsistance est difficilement quantifiable, mais en
tout état de cause très importante.
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agriculture. : Elle semble acquise depuis quelques
générations seulement, même si les Maku louent leur force
de travail depuis longtemps dans les parcelles des Tukano. Elle est
menée sans soin dans des parcelles de 0,3 à 0,5 ha partiellement
plantées. On ne rencontre que 13 espèces dont la plupart à
titre de curiosité, sauf le manioc (avec 7 cultivars seulement).
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| possession
de la terre : Aucune propriété n'est reconnue. Un droit
d'usufruit est garanti durant le temps de la plantation.
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chasse : Elle emplit la vie des hommes, qui recherchent 75
espèces de gibier. Les femmes prennent part aux battues en se servant
d'épieux. Les hommes, chassant généralement seuls
plusieurs heures avant l'aube, utilisent la sarbacane, l'arc et la
flèche et aujourd'hui, le fusil. Les poisons de chasse sont
classiquement utilisés.
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| pêche
: Considérée comme subsidiaire et facile, elle n'est
pratiquée qu'en cas d'insuccès à la chasse; 42
espèces de poissons seulement sont distinguées. Utilisation
d'ichtyotoxiques, de l'arc et de la flèche.
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| cueillette
: Elle est menée par les hommes et porte autant sur les produits
végétaux (54 espèces de fruits comestibles, produits
artisanaux) qu'animaux (24 espèces d'insectes ou de miels comestibles).
Les produits animaux <<sans sang>> sont principalement
collectés par les femmes qui, en période de menstruation, doivent
s'abstenir de poisson et de gibier.
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alimentation : Malgré le genre de vie énoncé
ci-dessus, une source donne 80% de la diète des Maku comme
dépendant uniquement du manioc (galette, farine torréfiée
et bières) dont une bonne partie est troquée avec leurs voisins
Tukano. On rapporte aussi le chiffre moyen de 44 gr de
protéine/adulte/jour, ce qui couvre leurs besoins. Il faut le mettre en
relation avec celui de 5,15 kg de viande/homme/sortie de chasse, sur lequel une
partie non négligeable est donnée à leurs voisins Tukano,
tandis que les Maku consomment 0,83 kg de poisson/ homme/sortie quand il s'en
trouve.
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localisation : Brésil, États de Mato Grosso et de Rondônia.
milieu : forêt tropicale ombrophile de terre ferme, forêt
tropicale décidue, savane arborée (cerrado).
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démographie
: +/- 1000 personnes. population en augmentation lente.
densité : 0,06 h/km2
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famille linguistique : langue isolée
particularités culturelles : Plus d'une quinzaine de sous-groupes
dialectaux forme une unité culturelle pertinente. La réputation
de nomadisme qui les caractérisait a été battue en
brèche. Ils reviennent régulièrement sur les tombes de
leurs défunts pour nourrir leurs esprits.
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système
social : L'unité pertinente est la famille qui se déplace de novembre à mars et en juin-juillet pour se regrouper en avril-mai et d'août à octobre en communauté villageoise stable (+/- 40 personnes), très soudée par l'échange. Les sites de village sont occupés entre 3 et 10 ans.
Les décisions sont consensuelles.
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L'espace :
conception : Les Nambikwara affichent une préférence
marquée pour les milieux ouverts, déambulant davantage dans le
cerrado que dans la grande forêt.
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| statut
officiel des terres : 1 107 593 ha régularisés; 359 206 ha
homologués; 130 577 ha délimités.
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| surface
du pays indigène : La surface garantie par l'État recouvre
l'aire de mouvance, mais l'invasion des terres par des populations
allogènes (petits colons et projets industriels de canne à sucre)
sont source de problèmes.
À titre d'exemple, deux communautés regroupant 80 personnes
exploitent 9 000 ha.
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agriculture. : Des petites parcelles sont ouvertes par
brûlis pour y cultiver du manioc, du maïs, des haricots, des ignames
et des bananes.
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| possession
de la terre : Territoires lâches exploités par chaque bande,
avec recouvrement partiel possible pour les aires de chasse et de cueillette.
Pas de notion de propriété.
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chasse : Surtout conduite en saison des pluies, elle est
très importante. Les armes sont le bâton, l'arc et la
flèche auxquels s'ajoute aujourd'hui le fusil.
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| pêche
: Elle est presque négligeable.
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| cueillette
: Menée par les hommes et les femmes, en dehors des périodes de
soins que demandent l'agriculture. Elle est à la fois une collecte
animale (diverses larves) et une cueillette végétale de plantes
favorisées par l'homme le long des itinéraires de chasse. La
récolte des fruits de palmiers (Oenocarpus bacaba) est importante.
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alimentation : Une source du début du siècle
(Roquette-Pinto, 1975) affirme que, <<d'une façon
générale, les Nambikwara mangent tout>>. Le
végétal couvre 59% de la diète (41% manioc, 4% bananes,
14% autres fruits et divers, maïs, igname et plantes
semi-cultivées). 41% de la diète proviennent d'animaux produits
par la chasse (23% oiseaux, 5% pécaris, 5% singes, 5% divers), la
pêche (0,9% poissons), ou la collecte (2,6% insectes, 3% divers animaux
et végétaux).
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localisation : Venezuela : États de Bolívar et d'Amazonas Colombie : Llanos orientales (Vichada)
milieu : forêt tropicale ombrophile de terre ferme
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démographie
: Venezuela : 12 400 personnes (1992) Colombie : 600 (1992) population en augmentation
densité : 0,27 h/km2
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famille linguistique : Saliva (+/- 64 % de monolingues) particularités culturelles : Les Piaroa étaient autrefois les plus gros producteurs de curare. Leurs chamanes sont réputés.
Une maison des hommes abrite les masques et les instruments sacrés. |
système
social : Trois types de maisons collectives regroupent des familles élargies : conico-rondes (pouvant abriter 100 personnes), éliptico-coniques (40 personnes) ou rectangulaires (15 personnes); elles reflètent le statut de leur chef. Elles peuvent être associées autour d'un chef régional. On assiste à une tendance forte à la sédentarisation autour des centres créoles.
Les décisions sont prises par consensus.
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L'espace conception : Des rituels liés à la réactualisation périodique de l'alliance avec les entités créatrices ont lieu en forêt, spécialement près des cascades dans les zones montagneuses.
Autour des plus gros villages sédentarisés, on note une tendance
à la savanisation.
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| statut
des terres : Venezuela : Pas de loi particulière, les terres
habitées par les Piaroa sont domaniales. Contrôle du tourisme. Il
y a 2 parcs nationaux et 1 réserve forestière. 41 000 ha
accordés à des communautés en aires discontinues. Colombie
: 3 réserves de 181 193 ha.
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| surface
du territoire occupé : Venezuela : 45 000 km2. La
concentration démographique dans le moyen Orénoque conduit
à une raréfaction des terres agricoles disponibles et à
une surexploitation du gibier.
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agriculture : Chaque famille ouvre annuellement par brûlis
un 1/2 ha de forêt primaire et secondaire, pour y cultiver une
cinquantaine de plantes, dont les principales sont le manioc amer, le
maïs, la patate douce. La parcelle est abandonnée au bout de quatre
ans pour une jachère de 15 ans et plus. On note aujourd'hui une tendance
à une plus grande utilisation de la forêt secondaire et une
diminution de la diversité spécifique et variétale. Une
partie de la production agricole est vendue : sous-produits du manioc , ananas,
bananes...
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| possession
de la terre : Un droit d'usufruit est reconnu à qui travaille la
terre, sans possibilité de transmission. Le chef de chaque maison
collective est responsable du maintien de la fertilité du territoire qui
l'entoure, dont les contours sont redéfinis à chaque changement
de chef.
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chasse : Chasse du gros et petit gibier, spécialement
tapir, pécaris et cervidés. Les Piaroa chassaient à la
sarbacane et à la lance. Aujourd'hui, le fusil les remplace. Le
piégeage est répandu. Vente de viande d'agouti et de paca
salée et fumée.
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| pêche
: Elle est importante, pratiquée préférentiellement dans
les eaux noires plutôt que dans les eaux blanches. Utilisation
d'ichtyotoxiques, de barrières, de nasses, de fils et d'hameçons;
pêche au coup, au harpon, à l'arc et à la flèche.
Vente de poisson salé et fumé.
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| cueillette
: Les mouvements sont intenses toute l'année, à la recherche
des produits de cueillette. La collecte des fruits de différents
palmiers est importante. Miel, larves de coléoptères, fourmis
volantes. Vente de fibre de piaçava (Leopoldinia piassaba),
d'huile de fruits de palmier.
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| élevage
: Quelques villages possèdent un troupeau de bovins à
la fois pour leur consommation personnelle et pour la vente.
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alimentation : 80% dépendent de l'agriculture, 20% de la forêt.
L'alimentation est encore auto-produite pour les communautés les plus
isolées et pour les gens de plus de 40 ans. Pour les enfants des grands
villages, la dépendance à l'égard d'une alimentation
extérieure est totale.
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localisation : Pérou : Départements d'Ucayali et Loreto.
milieu : Principalement forêt inondable (várzea ) :
les eaux recouvrent 10% du territoire en permanence, 90% durant 2 mois par an.
Le reste est en forêt tropicale ombrophile de terre ferme.
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démographie
: +/- 20 000 personnes
densité : 4 h/km2. Elle est parmi les plus
fortes enregistrées et ne s'explique que par la richesse des sols soumis
à l'annuel alluvionnement par le fleuve.
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famille linguistique : famille pano. particularités culturelles :
Les Shipibo sont un peuple de pêcheurs évoluant dans le riche
milieu de várzea. Ce sont des potiers et des tisserands
raffinés. |
système
social :
L'unité pertinente est le village (de 100 à 1000 h),
constitué de maisons abritant des familles nucléaires. Ils sont
allongés le long des berges, pas toujours protégés des
crues.
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L'espace :
conception : Les Shipibo distinguent de très nombreux
écotones.
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| surface
du pays indigène : Leur territoire, occupant les deux rives de
l'Ucayali sur 640 km, est entrecoupé par un peuplement allogène
(petits colons andins, métis amazoniens).
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agriculture. : agriculture sur brûlis sur les terrasses hautes (parcelle +/- d'un 1/2 ha par famille), avec une rotation de 3 à 6 ans. La banane plantain est la plante principale, suivie du maïs.
Cultures de décrue (riz) sur les berges très fertiles du fleuve
et de ses affluents (parcelle de +/- 750 m2), sans
nécessité de rotation.
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| possession
de la terre : De nombreuses communautés se sont vues
reconnaître leur terroir agricole (72 en 1976, chiffre probablement en
augmentation).
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chasse : Elle a lieu de manière intensive en
février et mars (durant les hautes eaux) sur les terrasses hautes
où les animaux sont concentrés (tatous, coati, paca, tapir). Elle
produit annuellement 1,60 kg /heure/homme. L'arc, la flèche et la
machette sont utilisés de façon majoritaire; les fusils sont peu
communs.
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| pêche
: Elle est pratiquée toute l'année, avec un pic d'octobre
à janvier. Elle produit annuellement 1,15 kg/heure/homme. Elle se
pratique à l'arc et à la flèche, au harpon, à la
ligne et à la nasse.
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| cueillette
: Elle semble négligeable.
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alimentation : Même si la chasse est plus rentable que la
pêche, la production annuelle en poisson (407 kg/homme/an) est bien
supérieure à celle en viande (133 kg/homme/an) et assure la
régularité de l'apport en protéines. Ces deux sources
totalisent 30% de l'alimentation, les 70% restant étant assurés
par les produits cultivés.
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localisation : Brésil, État de Maranhão.
milieu : forêt tropicale ombrophile de terre ferme.
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démographie
: 520 personnes environ. Population en lente augmentation.
densité : 0,2 h/km2
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famille linguistique : Tupi-Guarani. particularités culturelles : Le chamanisme revêt un aspect individuel (tabous personnalisés, obligations rituelles).
Il tend aujourd'hui à prendre une influence grandissante pour
résoudre les problèmes liés au contact. |
système
social : L'unité pertinente est la famille étendue, plusieurs étant rassemblées en village de +/- 40 h., changeant de place tous les 10-15 ans. Les relations intervillageoises sont paisibles.
L'égalitarisme et le consensus sont la base des relations sociales.
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L'espace :
conception : Les ressources forestières sont
considérées comme renouvelables à condition de respecter
des temps de rotation entre divers secteurs du territoire. Cette rotation
s'effectue avant les signes d'épuisement.
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| statut
officiel des terres : Ils vivent sur des terres d'État
(réserve régularisée de 530 524 ha). Un front pionnier les
menace provenant de l'est.
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| surface
du pays indigène : Les Urubu-Ka'apor se sentent actuellement
limités dans leurs déplacements en raison des colons qui les
entourent.
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agriculture : Ouverture annuelle par le feu d'une grande parcelle
de 2,5 ha de forêt mixte primaire et secondaire. Culture de +/- 25
plantes différentes : 61% manioc amer, 21% manioc doux, patate douce et
igname, 6,5% maïs, 4% banane, 4% papaye, 3,5% autres cultures. Le temps de
jachère est toujours supérieur à 15 ans. L'introduction
récente du riz pluvial comme culture de rente dans quelques villages
déstabilise le système agricole et raccourcit le temps de
jachère.
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| possession
de la terre : Seul un droit d'usage, comprenant un droit de chasse
réservée, est reconnu à la famille durant le temps
d'exploitation de la parcelle cultivée.
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chasse : C'est l'activité masculine majeure, la plupart du
temps menée individuellement. Les armes sont l'arc et la flèche,
le fusil et la carabine 22 long rifle. Une proportion appréciable du
gibier (27%) est capturée dans la zone des cultures (parcelles en cours
d'exploitation, friches et forêt secondaire). Vente occasionnelle de
viande fumée de tatou.
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| pêche
: La pêche est moins développée; elle se pratique
fréquemment aux ichtyotoxiques.
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| cueillette
: Elle tourne autour d'une centaine d'espèces artisanales et de 5 ou 6
produits végétaux alimentaires très estimés (dont
Euterpe oleracea). La recherche des tortues terrestres, seule viande
autorisée à la femme menstruée, est systématique et
importante. Vente de résine (Protium sp.) et de liane à
lien (Heteropsis sp.) sur le marché extérieur.
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| élevage
: Quelques villages possèdent depuis peu des chevaux, des
mules, des ânes dont le rôle n'est pas encore défini.
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alimentation : Les produits cultivés représentent
+/- 80% de l'énergie; les fruits sauvages, en particulier ceux de
palmier, +/- 15%. La viande de chasse procure la quasi-totalité des
protéines en quantité suffisante. La dépendance
vis-à-vis d'aliments extérieurs est nulle.
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localisation : Guyane Française Brésil : Territoire de l'Amapá.
milieu : forêt tropicale ombrophile de terre ferme
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démographie
: 850 personnes environ. Population en augmentation.
densité : 0,10 h/km2
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famille linguistique : famille Tupi-Guarani.
particularités culturelles : Venus du sud de l'Amazone au
XVIIIe siècle. La tradition orale et le chamanisme tupi
contrastent avec la civilisation matérielle fortement influencée
par les ethnies karib des Guyanes. Les très nombreuses réunions
où un couple offre de la bière de manioc à l'ensemble de
la communauté sont le ciment de la vie sociale. |
système
social :
L'unité pertinente est la communauté villageoise, dont les
tendances endogames sont souvent contrebalancées par une exogamie
extra-villageoise. Les leaders, au pouvoir faible, sont constamment
contestés.
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L'espace :
conception: La forêt est l'espace originel de
référence peuplée d'entités dangereuses pour
l'homme, en particulier les maîtres des animaux qu'il ne doit pas
offenser par une chasse excessive. Des pratiques et des attitudes de
tempérance et de modestie sont de mise.
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| statut
officiel des terres : 543 000 ha identifiés au Brésil et 268
750 ha en cours d'attribution en Guyane française.
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| surface
du pays indigène : Les terres réclamées correspondent
à 65% des aires de parcours (en raison des frontières entre la
Guyane et le Brésil). Quelques invasions au nord et au sud par des
orpailleurs.
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agriculture : Une famille brûle annuellement une parcelle
de 0,5 ha, mixte en forêt primaire et forêt de moyenne
régénération (5 à 10 ans). Une agriculture
sophistiquée y est pratiquée : plus de 35 espèces
différentes, dont le manioc, avec 33 clones différents et un
rendement excellent de 18,4 t/ha, ainsi que bananes, ignames, maïs,
plusieurs marantacées. Les travaux d'entraide sont socialement
très importants.
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| possession
de la terre : Aucun autre droit que celui d'usufruit n'est reconnu aux
familles exploitantes qui se regroupent néanmoins entre alliés
pour leurs rotations.
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chasse : Le fusil a détrôné l'arc et la
flèche à la génération présente. En
réponse à la sédentarisation forcée, les
stratégies se sont adaptées : augmentation du temps de sortie
journalier (70% du travail masculin est occupé par les activités
en forêt), expéditions lointaines masculines ou familiales, les
rendements de viande de chasse ne diminuant pas. Pour toutes les
communautés des hautes rivières, la chasse représente 72%
du tonnage des captures animales dont 27,5% proviennent de la forêt
secondaire.
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| pêche
: On utilise le fil et les hameçons toute l'année, l'arc et
la flèche et les ichtyotoxiques en basses eaux; les éperviers ont
fait leur apparition, les filets droits sont peu prisés. Toujours pour
les communautés des hautes rivières, la pêche
représente 28% du tonnage des captures animales.
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| cueillette
: Les hommes se chargent des produits artisanaux, du miel, et des fruits
comestibles (23 espèces importantes). Les femmes collectent les crabes,
les oeufs de reptiles, les larves de coléoptères, la terre
à poterie. La collecte des fruits de certains palmiers (en particulier
Euterpe oleracea), qui, en saison, mobilise les hommes et les
adolescents presque chaque jour, occupe, par son imposant tonnage, une place
à part dans l'esprit des Wayampi.
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alimentation : Pour presque toutes les communautés, la
dépendance de la nourriture extérieure est encore
négligeable, voire nulle. Selon que les communautés sont plus
forestières ou davantage liées au fleuve, la part du gibier
augmente au profit du poisson ou diminue. 37% de l'alimentation proviennent de
la chasse ou de la pêche; 6% de la collecte végétale ou
animale; 57% des produits agricoles. La pratique du don et du contre-don dans
une communauté amène la circulation
généralisée des produits frais ou cuisinés.
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localisation : Brésil : Territoire de Roraima et État d'Amazonas Venezuela : Territoire de l'Amazonas milieu :
forêt tropicale ombrophile de terre ferme, avec des poches de savane
sèche; forêt tropicale d'altitude
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démographie
: 19 700 personnes environ (non comptés les Sanema, sous-groupe septentrional distinct). Population en courbe globale ascendante avec cependant un déclin très récent dans les zones de contact.
densité : 0,27 h/km2
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famille linguistique : famille isolée, (+/- 95 % de monolingues)
caractéristiques culturelles : Les Yanomami forment une grande
nébuleuse marquée par des sous-groupes
différenciés. Les relations entre communautés peuvent
être hostiles. Les chamanes et la prise d'hallucinogènes jouent un
rôle important. Les cendres des morts sont consommées par la
communauté, les vivants devenant les dépositaires des morts. |
système
social : Plusieurs familles nucléaires ou étendues, liées par l'alliance et la consanguinité vivent dans de grands abris circulaires (chapuno) d'environ 65 personnes dont l'emplacement change tous les 6 ans selon la situation socio-politique. Société acéphale, avec cependant des factions animées (mais non commandées) par des leaders.
Les décisions sont prise par consensus.
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L'espace :
statut officiel des terres : La propriété collective des
terres occupées est reconnue par l'État, dans des zones
protégées : 3 420 000 ha de parc naturel au Venezuela et 9 419
108 ha de terres indigènes au Brésil leur sont
réservés officiellement.
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| surface
du pays indigène : Les Yanomami évoluent sur une superficie
de 26 419 108 ha. Envahissement violent par les orpailleurs au Brésil.
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agriculture : Une parcelle 0,9 ha de forêt primaire est abattue et brûlée pour servir durant 6 ans. Ensuite, une jachère d'une quinzaine d'années peut suppléer à l'abandon de la parcelle. Le retour périodique sur les mêmes terres, de l'ordre de 45 à 50 ans, existe. Une trentaine d'espèces sont cultivées, avec une forte prépondérance pour la banane plantain chez les groupes du nord alors que le manioc domine chez les groupes du sud.
Les cultures de rente sont inconnues.
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| possession
de la terre : Les Yanomami ne s'approprient aucun autre droit que celui
d'usufruit.
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chasse : La chasse du gros et du petit gibier est une
activité essentielle. Elle se pratique à l'arc et à la
flèche, avec une nette augmentation du fusil dans les zones de contact.
Utilisation de poisons de chasse.
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| pêche
: Également une activité importante. Sont utilisés les
flèches, le fil et les hameçons ainsi que des ichtyotoxiques.
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| cueillette
: Tout au long de l'année, les hommes, les femmes et les enfants se
déplacent en groupe, établissant des camps en forêt pour la
récolte des produits sauvages et visitant périodiquement les
anciennes plantations de palmier (Guilielma speciosa).
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alimentation : Dans les conditions habituelles, elle dépend entièrement de l'auto-production. La part de l'agriculture représente 80 % et la part forestière les 20 % restants.
Pour les groupes dont les conditions socio-politiques se sont
détériorées, ou pour ceux vivant à proximité
des missions, les changements sont difficiles à évaluer.
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