L'île est christianisée à partir de 1902, date d'arrivée des Américains qui implantent sur la côte des cultures de rente d'abaca [15], de fruitiers, de cocotiers, et dans l'intérieur exploitent la forêt et quelques mines.
La migration dans cette île a commencé dans les années 1910.
Les Manobo sont dans l'ouest et l'est de Bukidnon, dans toute la vallée Agusan, sauf vers le Misamis oriental, dans les monts Surigao du nord Bislig à la rivière Cantilan et au nord de la province de Davao. Ils forment la plus grande tribu de l'est-Mindanao.
Les Mandaya (syn. Mansaka), sont divisés en sous-groupes : Pagsupan (rivières Tagum et Hijo), Managosan ou Magosan (à la naissance de la rivière Agusan), Divavauan (peu nombreux, sud et ouest de Compostela). Ils sont au sud-est de Mindanao dans les hautes vallées de la Caraga. Sur la partie est de la cordillère Davao, ils sont essarteurs et occupent les piémonts où ils participent à la production de l'abaca, et les terres hautes jusqu'à 1.000m où un système mixte de culture de riz de montagne et de tubercules est leur mode de subsistance de base.
Ces essarteurs de montagne commencent à connaître la valeur de leurs terres et cherchent à éloigner les migrants en ne leur vendant pas leurs terres (Manuvus de Davao, Manobos du sud-ouest Cotabato), et en ne leur permettant pas de s'installer auprès d'eux (Manobo).
L'habitat est mobile; la maison, adjacente aux champs, est déplacée chaque année avec le nouvel essart. Elle loge la famille qui est aussi l'unité de production.
La distance entre les essarts varie de 0,8 à 3 km. La maison est toujours en vue d'une autre maison. Avec la production sédentaire d'abaca commence à se produire le regroupement en hameau de 7 à 8 maisons (Mandaya).
Propriété : la tenure des terres se conçoit comme l'usufruit et les terres n'ont jamais de titre. Les Bisayan de la côte en ont profité pour acheter les terres des Mandaya des piémonts.
Ces Mandaya, dépossédés, soit sont partis dans l'intérieur cultiver le riz de montagne, soit sont devenus un prolétariat agricole auprès des fermiers propriétaires Bisayan (Mandaya).
Agriculture sur brûlis en forêt secondaire
Traditionnellement on cultive le riz de montagne et les tubercules pour les soudures. Mais certains abandonnent le riz à cause des rats et surtout de l'interdiction du gouvernement de couper les forêts primaires;
ils cultivent alors principalement le maïs et d'autres tubercules (manioc, patate douce, igname, taro), des bananes et de nombreux légumes (Manobo).
L'essart (kaingin), cultivé pendant 1 saison, est de 2/5 à 1 ha.
L'abaca est la seule culture de rente; récolté 2 fois /an, il donne 500 kg /ha (Manobo). Une certaine christianisation est d'ailleurs allée de pair avec leur implication dans l'économie de marché.
[15] Bananier textile,Musa textilis[.
[16] YENGOYAN, 1988