L'exploitation forestière : contrôles insuffisants et violations constantes des règlements; pour le charbon de bois et le charbon (vers les pays arabes, américains et européens) et les produits de luxe. Les réserves de protection de la vie sauvage du nord de Sumatra sont intensément exploitées; ce sont aussi les lieux les plus habités (sauf les parties inaccessibles).
Des programmes d'exploitation à grande échelle (de 10.000 à 1 million d'ha sont gérés par des compagnies étrangères principalement des USA, Japon, Philippines, Europe, Hong Kong et Singapour. On trouve deux types d'exploitations : locales (100 ha) et multi- ou bilatérales (de 1.000 à 1 million d'ha). De telles exploitations, agissant sans contrôle, affectent terriblement l'écosystème et la vie des populations locales, par exemple à Kalimantan, sur les îles Mentawai et en Irian Jaya. En outre de nombreuses exploitations de locaux opèrent en privé. Dans la réserve d'Orang utan Gunung Leser du nord Sumatra, dix grandes concessions exploitent 40 à 50% de la surface totale, sans parler des nombreuses petites exploitations locales. Par ex. cinq scieries installées dans la partie nord de la vallée de l'Alas (adjacente à la réserve de Gunung Leser), entre Kutacane et Ketambe, agissent sur une surface de 16.000 ha. Officiellement 500 ha seulement étaient concédés(p. 151) (Rijksen 349-65).
Le Jakarta Post du 24 Juin 1992 dénonce la cession d'une concession à une compagnie (PT Alam Nusa Segar) pour l'exploitation de 164.000 ha de forêts sur l'île de Yamdena qui en totalise172.000 ha (archipel des Taninbar, est de Timor) : la concession est donc de 95% des forêts qui avaient été déclarées protégées par le gouvernement en 1971.
Les règlements forestiers pour l'abattage : arbres de diamètre de plus de 0,90 m, et 8 arbres à l'ha. En fait on abat 12 à 15 arbres /ha et dans les forêts riches jusqu'à 75 arbres /ha, ce qui est un saignement à blanc des terres. Sachant que la chute d'un grand arbre crée un chablis de 50x30 m, celle de 10% des arbres d'un secteur détruit au moins 55% des autres arbres. Ceci signifie qu'après l'extraction de 10% des arbres, seulement 35% de la végétation subsiste.
Transmigration (Mac Andrews, 14, 56-58 ) : chaque famille (Java) reçoit 2 ha de terres (env. 4 fois plus qu'ils n'en ont à Java). En 1983, 60.000 km2 de forêt inondée et de terre ferme ont été pris. En 1973, sur la totalité des terres cultivées, 26% des terres d'est-Kalimantan, 23% du sud-est Sulawesi, 21% du sud-Sumatra et 16% de Bengkulu étaient cultivées par les immigrants.
Deux effets négatifs de ce programme
- 1. L'impact écologique. La plupart des écosystèmes d'Indonésie sont notoirement fragiles et l'afflux de transmigrants a détruit la stabilité de ces systèmes; il n'y a pas eu de contrôle de l'érosion et de la conservation du sol et la transmigration a détruit l'habitat naturel de nombreux animaux forestiers ainsi que les systèmes de culture basés sur l'essartage. Il semble que les autorités en aient pris conscience dans les années 70 avec l'aide de la World Bank.
- 2. Le clash entre la loi indonésienne moderne et la loi traditionnelle existante. En effet, bien que le BAL de 1960 ait clarifié les relations légales de l'adat avec les pratiques modernes légales de distribution des terres et de droits des terres, celles-ci n'étaient pas encore appliquées partout dans les années 80. D'où des conflits entre les droits traditionnels et ceux fournis aux transmigrants par le gouvernement